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IRAN 2026 : L’AGONIE D’UN RÉGIME SOUS LES CENDRES DU « DEAL »

Publié le 19/01/2026
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Alors que le Rial s’effondre et que le sang coule dans les rues de Téhéran, la République Islamique ne survit plus que par la grâce d’une métastase militaire interne et d’un poumon artificiel asiatique. Entre les menaces douanières de Donald Trump et le silence complice de Pékin, l’Iran n’est plus un État, mais un champ de bataille où se joue l’acte final d’un ordre régional à bout de souffle.


L'État-Caserne : quand la survie occulte la nation

Le contrat social iranien n’est plus qu’un vague souvenir. En ce mois de janvier 2026, l’effondrement du Rial, s’échangeant à 1,25 million pour un euro, a fini de consumer les dernières illusions de la classe moyenne. Ce n’est plus seulement la jeunesse qui défie les Bassidjis, mais le « Bazar », cœur battant de l’économie dont la grève fin décembre a servi de détonateur, qui a basculé dans la sédition. La réponse du Guide Suprême Ali Khamenei, reconnaissant lui-même des « milliers de morts » tout en les imputant à Donald Trump, signe l’acte de naissance d’une « dictature de survie ».

L’Iran est désormais piloté par une junte : les Pasdarans (CGRI). En instaurant un black-out numérique total dès le 8 janvier, ils ne cherchent plus à convaincre, mais à masquer une épuration systémique. Entre 12 000 et 20 000 cadavres joncheraient les morgues du pays. Cette mutation sécuritaire transforme l’État en une caserne assiégée, où l'élite joue sa propre survie physique sur chaque barricade. Comme l'illustre la condamnation à mort de figures comme Erfan Soltani, 26 ans, devenu le symbole de cette répression aveugle.



Le chantage d'Ormuz et le paradoxe du Golfe

Sur l’échiquier mondial, la vulnérabilité de Téhéran est une plaie béante : 96 % de son brut transite par l'île de Kharg. Une seule frappe sur ce terminal, et le régime perd ses derniers moyens de corruption intérieure. C’est ici que se joue un paradoxe saisissant : alors que Donald Trump brandit le spectre d'une intervention, les pétromonarchies du Golfe (Riyad en tête) se muent en diplomates de la dernière chance.

Riyad, le Qatar et Oman ne craignent pas la fin du régime, ils craignent le chaos de son cadavre. Le refus saoudien d’ouvrir son espace aérien aux bombardiers américains n’est pas une main tendue à Téhéran, mais une assurance-vie contre la « Guerre Totale » promise par les mollahs. En évacuant son personnel de la base d'Al-Udeid au Qatar dès le 14 janvier, Washington prend acte de la capacité de nuisance asymétrique d'un Iran acculé mais maintient parallèlement la pression en envoyant le porte avion Lincoln au Bahreïn. Les monarchies du Golfe souhaitent maintenir ce statu "d’instabilité sous contrôle" profitable paradoxallement aux affaires.



L’Asie, poumon artificiel sous pression

Si le régime respire encore, c’est par le nez de Pékin. En absorbant 80 % des exportations pétrolières iraniennes, soit environ 1,5 million de barils par jour, la Chine maintient le patient sous perfusion. Mais l’ultimatum de Donald Trump du 13 janvier, 25% de taxes douanières sur tout pays commerçant avec l’Iran, change la donne.

Pékin joue la résilience offensive via son système CIPS, refusant de voir s'effondrer un maillon clé de ce qu’il reste des Nouvelles Routes de la Soie. À l’inverse, New Delhi entame un retrait pragmatique. Face à 86 milliards de dollars d’exportations vers les États-Unis, le sacrifice du port de Chabahar et des liens avec Téhéran devient une variable d’ajustement mathématique pour une Inde qui lorgne désormais vers un accord de libre-échange avec l’Union Européenne.



Prospective : la milicisation ou l'abîme

L’alternative ne se résume plus au retour d'un Chah en exil, malgré l'omniprésence des slogans en faveur de Reza Pahlavi (fils du dernier Chah) dans certains rassemblements. Le slogan « Ni Chah ni Mollah » témoigne d'une volonté démocratique souterraine, mais fragile. Le risque réel n'est plus seulement politique, il est structurel : si le commandement central des Pasdarans s'effondre sous la pression combinée de la rue et des sanctions, l'Iran risque la « milicisation ». Une fragmentation où des seigneurs de guerre locaux se disputeraient les débris d'un empire millénaire, sur le modèle syrien ou libyen. La question n'est plus de savoir si elle tombera, mais comment la pression américaine va-t-elle réorganiser l'échiquier régionale, et qui, de Washington ou de Pékin, réalisera l'échec et mat.

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